Cette recette est faite pour les flemmards… mais patients. Je vous explique : il y a très peu de préparation, mais il faut laisser mijoter longtemps. L’oignon fond avec la viande, les épices entières diffusent doucement leurs arômes, et tout cela se marie dans une sauce si profonde que l’âme a l’impression de plonger dans des abysses. J’exagère peut-être un peu, mais croyez-moi, quand ce plat est réussi… c’est vraiment quelque chose.
L’origine de cette recette ? Très controversée. Est-ce que c’est mon père qui l’a inventée un dimanche de flemme, en balançant tout dans la cocotte ? Ou bien un mystérieux chef déguisé en pan pasal sahuji lui aurait soufflé ce secret à l’oreille, discrètement ? On ne saura jamais. Ce qui est sûr, c’est qu’il ne me l’a pas encore transmise. J’essaie donc de la reproduire maladroitement, sans jamais retrouver le goût exact… mais je continue.
L’idée est simple : mieux vaut maîtriser les bases avec quelques ingrédients sûrs, plutôt que de complexifier dès le départ. C’est un peu comme le stéréotype du Japonais qui passe sa vie à perfectionner une seule chose. Je ne suis pas aussi rigoureux, mais chaque fois que je refais cette recette, j’essaie d’aller droit à l’essentiel et de consolider, petit à petit, itération après itération, en ajoutant des arômes toujours plus subtils.
Quand je demande la recette à mon père, il me dit toujours : « Ben, fais au feeling. » Le problème, c’est que juste le feeling ne rend pas toujours un plat délicieux, même avec tout l’amour qu’on y met. Ma mère, elle, était plus gentille et m’en donnait une version, mais ce n’était pas pareil.
Bref, ma quête pour réussir l’agneau-oignon le plus délicieux continue toujours. Et vous, vous rejoignez l’aventure ?
Ingrédients (6–8 personnes)
- 1,5 à 2 kg de viande d’agneau (morceaux avec ou sans os)
- 1 kg d’oignons émincés
- 3 c. à soupe de graines de coriandre
- 1 c. à café de cumin
- 1 c. à soupe de graines de moutarde
- 6 clous de girofle
- 1 petit bâton de cannelle
- 6 gousses de cardamome verte
- 1 c. à soupe de poivre noir entier
- 3 c. à soupe de pâte d’ail et gingembre
- 3 à 4 c. à soupe d’huile (ou ghee)
- Jus d’un citron
- Sel (au goût)
Préparation
- Préparer les épices
- Torréfiez à sec les graines de coriandre, de cumin et de moutarde jusqu’à ce qu’elles dégagent leur parfum.
- Réduisez-les en poudre grossière au mortier ou au moulin.
- Mélanger les ingrédients
- Dans une grande cocotte, déposez la viande d’agneau.
- Ajoutez les oignons, la pâte d’ail et gingembre, du sel, les épices moulues, les clous de girofle, la cannelle, la cardamome, les poivres entiers, l’huile et le jus de citron.
- Mélangez bien pour enrober uniformément la viande.
- Cuisson lente
- Couvrez et laissez cuire à feu doux pendant 2 à 3 heures, en remuant de temps en temps.
- Ajustez l’assaisonnement en sel selon vos goûts.
- La viande doit devenir tendre, parfumée, et les oignons fondus doivent former une sauce épaisse et riche.
- Servir
- Servez bien chaud avec du riz basmati, du pain plat (naan, chapati) ou même une semoule fine.
